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À la rencontre des «arpenteurs» de l’État qui connaissent le canton comme leur poche

Source: Gazette de l’Etat de Vaud / no 295 – 28.05.2019

Mais que font-ils dans les bureaux de l’Office de l’information sur le territoire? Pros des géodonnées et de la mensuration officielle, deux collaborateurs de cette entité du Département des infrastructures et des ressources humaines nous ont dévoilé quelques facettes de leur métier. Focus sur un travail de fourmis, où patience et rigueur vont de pair.

Avenue de l’Université 5, à Lausanne. Le bâtiment ne paie pas de mine, mais les bureaux qu’il abrite réunissent les collaboratrices et les collaborateurs de l’État qui ont sans aucun doute la vision la plus précise et la plus complète de notre territoire cantonal: bienvenue à l’Office de l’information sur le territoire (OIT)! Sous la conduite de Cyril Favre, cette entité regroupe un peu plus de trente personnes, qui œuvrent à la collecte, à la numérisation et à la mise à disposition des données géoréférencées du canton. Rencontre avec deux géomètres des temps modernes – autrefois connus sous le nom d’«arpenteurs» – qui racontent les deux champs d’activité de l’Office.

Les géodonnées avec Dinarco Jacquier
Trois écrans et un ordinateur ultra-performant ne sont pas de trop pour permettre à Dinarco Jacquier, en charge de la diffusion des géodonnées de l’État de Vaud, de gérer et de traiter l’immense volume des informations géographiques qui définissent notre territoire cantonal. «Le positionnement des bâtiments, la largeur des routes, la profondeur des lacs ou la hauteur des montagnes, tout est mesuré, chiffré, numérisé et analysé», sourit le géomaticien, qui garde l’œil quotidiennement sur les 2831 km2 vaudois (sans compter les lacs), qui font de notre canton le quatrième plus grand en superficie après les Grisons, Berne et le Valais.

Un peu «geek»!
Spécialisé en géoinformatique, Dinarco Jacquier doit maîtriser le catalogue cantonal qui comprend aujourd’hui un peu plus de 500 géodonnées de base (courbes de niveau, bathymétrie, recensement des parcelles, etc.), donnant accès à une foule d’informations publiques pour les mandataires de l’État, les géomètres, les urbanistes, les architectes, les ingénieurs ou les particuliers. Ces géoinformations contribuent à toutes les prises de décision ayant un impact sur le territoire.

«L’analyse et la modélisation de cette volumineuse base de données via des processus informatiques complexes permettent aux services compétents de gérer des domaines très divers, tels que l’affectation des sols, l’élaboration des plans de quartier, les sites pollués ou le cadastre du bruit, pour ne citer que quelques exemples», explique ce spécialiste, détenteur d’un brevet fédéral de technicien en géomatique et, bien sûr, passionné d’informatique. Il ne cache d’ailleurs pas qu’il est «un peu geek», une qualité nécessaire pour faire ce métier!

Plus de 1000 commandes chaque mois
Si les mesures sur le terrain sont essentiellement confiées à des bureaux privés, Dinarco Jacquier et l’équipe de la diffusion supervisent l’ensemble des données géoréférencées, qu’il s’agit de cataloguer et de mettre à la disposition des professionnels ou des privés qui en font la demande. «Nous recevons en moyenne un peu plus de mille commandes par mois émanant de bureaux de géomètres, d’architectes ou d’ingénieurs, d’administrations communales, de bureaux d’études, de cartographes ou de tout autre service ayant un projet sur notre territoire», explique le géoinformaticien, qui rappelle également que les Cantons ont l’obligation légale de mettre les géodonnées de base à la disposition du grand public.

L’office répond à toutes sortes de demandes. Un exemple? « Grâce aux géodonnées fournies par l’OIT, la Brigade du lac dispose de données 3D du fond des lacs du canton donnant des informations très utiles pour les interventions de sauvetage», détaille le collaborateur de l’OIT.

Une passion à transmettre
Sportif et bricoleur dans l’âme, Dinarco Jacquier travaille depuis un peu plus de dix ans à l’OIT et aime transmettre son savoir. Membre du comité de GéoInfoS, association pour la promotion du CFC de géomaticien spécialisé en géoinformatique, c’est lui également qui organise, sur le stand de l’État de Vaud, l’espace consacré à sa profession au Salon des métiers et de la formation, qui se tient chaque année au Palais de Beaulieu, à Lausanne. Formateur d’apprentis, il encadre actuellement deux jeunes futures géomaticiennes spécialisées en géoinformatique. L’Office contribue donc à une relève féminine dans cet univers qui reste encore malgré tout essentiellement masculin. (mhj)

Toute personne, entreprise ou collectivité peut accéder aux géodonnées publiques de l’État de Vaud:

en consultant le guichet cartographique cantonal
en parcourant le catalogue des géodonnées
en passant commande de géodonnées

QUELQUES CHIFFRES

2831 km2: la surface du canton de Vaud (sans les lacs)

17’000: le nombre de commandes que reçoit chaque année l’OIT

285’215: le nombre de parcelles vaudoises recensées aujourd’hui par la mensuration officielle

230’000: le nombre de bâtiments inscrits au Registre cantonal vaudois

1’319’530’000: le volume de données en kilo-octet (Ko) commandées par les clients en 2018 (pour se faire une idée, disons qu’une page de format A4 fait en moyenne 4 Ko!)